Les Etats d'Europe peuvent-ils éclater?


Manigestation nationaliste lors d'un match du Barcelone.

Aujourd'hui j'ai eu la chance d' assister à la conférence organisée par la revue française de relations internationales, Politique Étrangère, qui a eu lieu à Bruxelles. Parmis les invités on trouvait des personnalités reconnus dans le monde politique de chacune des régions que plus vivement réclament leurs indépendances. Dans ce cas on retrouve essentiellement la Catalogne, l'Écosse puis la régionde la Flandres en Belgique. Des représentants de chacune des régions venaient défendre leurs arguments face à un public très varié composé de journalistes, politiciens, consultants d'entreprise et même des diplômâtes. Après une brève présentation des invités de la part de Marc Hecker, rédacteur en chef adjoint de Politique étrangère, les expositions ont commencés. En premier temps ça a été le tour de du Professeur Laborderie de l'UCL (Université Catholique de Louvaine) qui a décrit un scénario assez invraisemblable dans lequel la Catalogne et l’Écosse seraient toutes les deux indépendantes à court terme. Cette possibilité peut effectivement se réaliser cependant les problèmes commenceraient à partir du moment où aucun pays ne reconnaisse ces nouvelles républiques. Le cas écossais semble moins dramatique, au cas où le référendum prévu en Septembre donne la victoire aux indépendantistes d'Alex Salmond, il y aurait un processus de négociation de 18 mois entre le Royaume Unis et l'Ecosse qui aboutirait sur l'indépendance de celle-ci après et son intégration immédiate à l'Union Européenne car elle bénéficie des deux conditions fondamentales: la reconaissance intérnationale et le droit des peuples à disposer d'eux mêmes (art 49 TUE).

Le cas catalan,est bien différent, dès le début on voyait bien que c'était le sujet chaud et c'était remarquable la présence majoritaire de représentants catalans entre le public tantôt du côte public que privée. Cela démontre qu'évidemment la Catalogne craint qu'une hypothétique indépendance sans être accepté dans l'Union Européenne serait catastrophique. Ils ont donc beaucoup à perdre car leurs indépendance unilatérale face au refus du Gouvernement espagnol déclencherait une violation du droit international (droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) qui ne prévoit l'indépendance unilatérale que pour des cas très particuliers commecelui du Kosovo, lui-même non reconnu par la plupart des pays européens, ou bien dans des cas des pays colonisés ou opprimés ce qui n'est pas du tout le cas catalan.  Dans ce contexte, le représentant catalan, Mr. Ramón Tremosa, député tête de liste pour les élections européennes de Convergencia Europea, a fait preuve de tout un répertoire d'arguments politiques sans doute faute d'instruments légaux qui soutiennent ses idées.

D’un côté c’est vrai que l’Espagne s’est montrée très inflexible concérnant les négociations et la concéssion de plus de compétences à Barcelone. Selon Mr Tremosa, la Catalogne est un État pourvu d'une Constitution depuis le XV Siècle, qui a été depuis cette période opprimé par l'état espagnol dans tous les domaines notamment dans l'utilisation catalan, certes une raison de poids pour défendre l'indépendance. D'un autre côté il faisait référence à la grande diffusion de la culture catalane à niveau mondiale avec deux puissant exemples: le compte twitter du @fcbarcelona_cat, compte sportive plus largement suivi à niveau mondial, aspect sur lequel il a insisté tout au long de sa conférence en donnant l'impression que la Catalogne ne vit que pour le football. D'un autre côté, il a aussi donné comme sources des articles du New York Times du XIX Siècle qui  parlait désormains de l'esprit indépendantiste des catalans, des articles de Wikipedia, puis de nombreuses photos et des données assez controversées concernant le Statut Catalan en 2005, en ignorant la haute abstention de plus de 30 % lors de ce processus. 

Referendum Écossais prévus pour le mois de Sétembre. Source: leftforwards.com

Dans une version beaucoup plus modéré, on a retrouvé le représentant écossais qui s'est défini comme "démocrate" avant même que nationaliste. De son point de vue, l'Écossecompte avec un état propre depuis le Moyen Âge avec des frontières qui ont demeuréespresque intactes depuis cette période et un "Home Rule" qui leurs rend nettement différents de leurs voisins anglais. En s'éloignant  du "folklorisme" du représentant catalan, il a parlé d'un processus à travers lequel l'Écosse doit progressivement récupérer ses compétences qui luis ont été enlevées au cours de l'histoire, La "devolution act" de 1998 qui a restitué ses compétences au parlement d' Edimbourg a été le début de ce processus mais celui-ci doit se poursuivre dans les années à venir. Les écossais ont pris confiance même si les derniers sondages les laissent encore en minorité face aux unionistes avec un pourcentage d'indécis proche du 20 % l'éspoir reste fort et la tendance est à la hausse. Cependant, contrairement au cas Catalan, les écossais accepterons la volonté du peuple lors du referendum du mois de Septembre, et si le résultat est négatif ils continueront à demander des compétences dans un cadre d'autonomie mais intégrée dans le Royame Unis. Les écossais ont tous prévus, et même dans le cas de l'indépendance ses citoyens garderont toujours l'option de maintenir le passeport britannique. 

Propagande pour l'indépendance de la Flandres. Source: Fr. Novopress.info

Finalement le représentant flamand, Mr de Visscher, a expliqué que malgré le chaos institutionnel dans lequel vit la Belgique, l'indépendance de la région flamande n'est qu'un rêve lointain qui n'est pas envisageable à court terme. Des problèmes concernant, le statut de la capitale Bruxelles, dont aucune des deux régions ne veut s'en priver puis le haut niveau de dette publique, proche du 100 % sont des enjeux majeurs qu'ils faudrait aborder avant tout, de même les sondages montrent que même durant la grave crise gouvernementale de 2010, la volonté des flamands de vouloir devenir indépendant était inférieure au 20 %. Il suffirait donc de trouver des mesures de cohésion pour garantir la coexistence à court terme.


En conclusion, la vision de ses trois  points de vue complètement différents a été très enrichissante abordant ce type de débat sans tomber necessairement dans le populisme et des arguments plus sentimentaux que rationnels. Cependant, la terrible conclusion de tout ceci et que l'Europe perd son temps dans des conflits mineurs alors qu'on devrait s'occuper davantage des problèmes principaux comme celui du marché de travail, l'arrivée de refugiés ou la perte de compétitivité croissante de l'Europe face à l 'Asie pacifique. Comme dirait  Dwight Morrow, inspirateur de Jean Monnet, « Il y a deux sortes de gens, ceux qui veulent être quelqu'un et ceux qui veulent faire quelque chose. J'ai choisi d'appartenir à la seconde catégorie."

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